Glossaire

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Les cultures extrême-orientales sont d’une richesse parfois difficile à aborder pour nous, tant les modes de vie et de pensée diffèrent des nôtres… Et cela passe aussi par le vocabulaire ! Pour y voir un peu plus clair, vous trouverez ici rassemblés les termes essentiels à la compréhension de nos articles. Cette page sera sans cesse enrichie au fur et à mesure des publications !

A

Acte méritoire : Acte qui influence la destinée d’une âme. Il peut s’agir d’une cérémonie, d’une offrande, de la commande d’une peinture religieuse, de la construction et décoration d’une ou plusieurs grottes, … L’acte peut être réalisé par une personne pour sa propre âme, ou par ses proches parents.

Amidisme : Nom générique des différentes écoles se dédiant au culte du Bouddha Amitabha. On parlera aussi parfois des Ecoles de la Terre Pure. Le culte d’Amitabha, à force de foi et de récitation de son nom, permet de renaître en sa terre pure (sorte de paradis luxuriant ou il n’existe rien de mauvais) située à l‘ouest. Cette dernière renaissance donne tous les atouts au pieux fidèle pour atteindre l’Eveil et le Nirvana.

Arhat : ce terme sanskrit désigne dans le bouddhisme Hinayana un être ayant atteint un état quasiment semblable à celui de buddha, lui permettant d’atteindre le Nirvana. Contrairement au bodhisattva, l’arhat n’a pas vocation à aider les autres êtres par son enseignement ; en cela il est souvent perçu comme un être égoïste, ce qui peut se ressentir dans ses représentations.

B

Bodhisattva : ce terme sanskrit signifie littéralement « être promis à l’Eveil ». Un bodhisattva est un être éveillé, comme les Buddha, mais qui renonce au Nirvana afin d’aider les autres êtres à l’atteindre. Ils sont généralement reconnaissables à leur parure et leurs riches vêtements, ainsi qu’à leurs attributs.

C

Chinoiserie : objet ou décor réalisé en Chine à destination des Occidentaux, et s’adaptant donc à leur goût, ou bien réalisé en Occident en imitant les objets chinois. Les chinoiseries ont longtemps été la seule vision des Occidentaux sur l’Extrême-Orient, une vision bien peu véridique donc !

Classement au titre des sites : Le classement au titre des sites est une législation ayant pour but d’assurer la préservation des monuments naturels et des sites dont le caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque relève de l’intérêt général.

Classiques chinois : Leur nombre varie selon les époques et le contexte. Pour les confucéens, la base est constituée de cinq ou six classiques évoqués par Confucius. Il s’agit des Annales des Printemps et Automnes, des Livre des Rites, Livre des Odes, Livre des Documents, Livre des Mutations, et parfois on ajoute le Livre de la Musique encore disparu aujourd’hui. La dynastie Han ajoute le Classique de la Piété filiale. Zhu Xi (1130-1200), le penseur des Song du sud, en ajoute quatre d’une grande importance : Les Entretiens de Confucius, le Mencius, la Grande Etude et l’Invariable Milieu.

Concours mandarinaux : Les concours mandarinaux étaient des concours d’accès à la bureaucratie impérial. Ces examens, en vigueur durant toute la période impériale chinoise, permettaient d’intégrer le rang très prisé des fonctionnaires, appelés aussi mandarins.

Confucianisme : Le confucianisme est la pensée dérivant de l’enseignement de Confucius (551-479 av. J.-C.), Kongzi 孔子 en chinois. Parfois considéré comme une religion du fait d’un culte rendu à Confucius, le confucianisme est avant tout une idéologie qui a pour précepte principal l’importance du cercle familiale et de la piété filiale ou respect des ainés. Le fils doit rendre hommage et pourvoir aux besoins de son père, tout comme le vassal envers son roi. Etre bon envers les hommes et tous les hommes est aussi important, c’est ce qui rend un homme noble. Enfin, étudier les classiques et ce qui a constitué la brillante culture de la dynastie des Zhou, si regrettée par Confucius, permet de tendre vers le droit chemin. La société chinoise est aujourd’hui encore pétrie de ces idéaux confucéens.

Culte des ancêtres : Cérémonie complexe remontant aux temps anciens de la Chine. Il s’agit d’un repas rituel organisé par une famille, auquel tous les ancêtres de la famille participent. Les ancêtres peuvent ainsi influencer sur le futur de la famille, sur sa prospérité et les naissances. Il vaut mieux ne pas se tromper sur le protocole.

D

Dansaekhwa : Le Dansaekhwa est un mouvement pictural ayant émergé dans les années 1970 en Corée à l’initiative d’un groupe d’artistes travaillant le monochrome. L’une des figures emblématiques de ce mouvement est l’artiste Lee Ufan.

Daimyo : Titre de noblesse japonais porté par les gouverneurs militaires aux ordres du shogun, de l’époque Muromachi à l’époque Edo.

E

Email : Technique de décor de céramique ou de métal. L’émail est une substance siliceuse (du verre en somme !) colorée à l’aide d’oxydes métalliques. Elle peut être appliquée en poudre ou en pâte. En cuisant, l’émail durcit et la couleur se révèle ou s’intensifie.

F

G

H

Han : Nom de l’ethnie majoritaire en Chine, donné par la dynastie du même nom : la dynastie Han.

Hinayana : « Petit Véhicule ». Ce terme sanskrit désigne les écoles anciennes du bouddhisme, perçues par le bouddhisme Mahayana comme peu propices à l’accès à l’Eveil par le plus grand nombre de fidèles.

Huit Trésors : Babao 八宝 sont des symboles populaires que l’on retrouve fréquemment sur les céramiques, textiles ou encore écrans. La désignation peut rassembler différentes combinaisons de symboles et dont la plus populaire contient les suivants : une perle, une paire de losanges, le carillon de pierre, une paire de corne de rhinocéros, une paire de pièces, un lingot, du corail et un sceptre dit ruyi.

I

Inro : Objet également appelé sagemono comme tout objet pendu à la ceinture du kimono (obi). Associé au netsuke, c’est une boite portée par les hommes où l’on pouvait ranger selon les époques des pièces monnaies, des médicaments, des plantes comme du tabac, plus tard des cigarettes ou papiers et cartes de crédits.

J

Japonisme : Mouvement artistique caractérisé par un engouement de l’Occident pour le Japon dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Notre article sur l’exposition « Japonismes / Impressionnismes » à Giverny.

Jingdezhen 景德镇 : est à l’origine une ville, parmi un des plus important centre de commerce de la Chine. Située dans la province du Jiangxi au Nord-Est, elle est connue pour sa production de céramiques, dont on en retrouve des traces dès les Jin de l’Est (317-420), jusque sous la dernière dynastie des Qing (1644-1911).

K

Karma : Concept issu du brahmanisme. Dans le bouddhisme, ce mot désigne l’acte. Cet acte est soit vertueux, soit mauvais, soit neutre, du point de vue de l’intention première. La conséquence du karma est le fruit, c’est lui qui influence la vie d’une personne ou ses vies suivantes. En Asie une croyance veut que le défunt séjourne aux enfers un temps donné et qu’à son terme, après de multiples passages au tribunal, l’accumulation de karma détermine la forme de sa prochaine vie : humain, dieu, fantôme ou pire !

Khan : Titre qui signifie « dirigeant » en mongol et en turc. Un khan dirige un khanat, un royaume.

L

Lakshana : Ce terme désigne les marques du grand homme, à savoir du Bouddha ou du souverain universel. Il y a en tout 32 marques majeures et 80 marques mineures. Si on se réfère à ces deux listes, le Bouddha est alors un homme aux longs doigts, à larges talons, à la peau dorée, le visage orné d’une touffe de poils, le crâne arborant une protubérance osseuse. Il a une mâchoire large avant une langue particulièrement longue et mince, des ongles couleur cuivre, les yeux couleurs saphir et des cils comme ceux d’une génisse, … Et par-dessus tout…il a la démarche d’une oie ! Mais comme on ne peut pas tout représenter, on garde en général la protubérance crânienne et la touffe de poils.

M

Mahayana : « Grand Véhicule ». Ce terme sanskrit désigne un courant du bouddhisme né vers le Ier siècle et visant à permettre l’Eveil de beaucoup plus d’êtres.

Notre article.

Mandala : Représentation peinte, sculptée, en 2D ou en 3D propre au bouddhisme ésotérique, le Vajrayana. Le mandala est un diagramme rituel, le plus souvent circulaire, centré et orienté dans l’espace. Il représente le plan d’existence d’une divinité, figuré sous la forme d’un palais avec de nombreuses portes d’accès. Le mandala sert de support de méditation au pratiquant, lui permettant d’accéder à la divinité.

Mingqi : objet en terre cuite, jouant le rôle de substitut funéraire. Le mingqi est placé dans la tombe pour être utilisé comme du temps où le défunt vivait. Par exemple, un mingqi représentant un serviteur servira son possesseur dans l’au-delà. Ainsi il n’est plus nécessaire de sacrifier un serviteur et de le placer dans la tombe.

N

Netsuke : Terme japonais. Petit objet sculpté en bois, corne ou ivoire servant à retenir la cordelette reliant le sagemono à l’obi.

Nihon shoki : Signifie « Annales du Japon », rédigé en chinois et terminé en 720. C’est l’une des rares sources officielles écrites sur l’histoire des origines du Japon après le Kojiki.

Nirvana : Etat de cessation des désirs, de la douleur, où les êtres sont libérés du cycle des morts et des renaissances.

Niwaki : Terme japonais qui désigne la taille typiquement japonaise des arbres dans les jardins de l’époque Edo. Il signifie « taille en nuage ».

O

Obi : ceinture du kimono.

P

Les Paramita : Aussi appelée « perfections », elles désignent les vertus qu’il faut cultiver pour atteindre l’Eveil. Elles sont au nombre de six : la Générosité, matérielle et spirituelle ; la Discipline, à savoir pratiquer le bien et éviter le mal ; la Patience, faire abstraction de la négativité d’autrui et endurer les difficultés ; le Courage ; la Concentration ; la Connaissance (prajna) relative à la perception de la vacuité des phénomènes. On peut parfois ajouter quatre autres vertus aux six dernières pour former une liste de dix paramita.

Q

R

S

Sagemono : Petites boîtes accrochées à l’obi dans lesquelles les japonais transportent leurs petits objets du quotidien. Elles remplacent les poches absentes du kimono japonais.

Shanshui : Littéralement « Montagne et Eau » en chinois, ce concept désigne la peinture de paysage traditionnelle dans laquelle la nature incarne, dans une conception taoïste, le souffle Qi du monde. Majestueuse et grandiose, elle s’oppose à la vulnérabilité de l’homme.

Notre article sur Guan Tong, peintre de paysage.

Shingon (école) : Ecole japonaise du bouddhisme ésotérique introduite par le moine Kukai en 806, après un voyage en Chine et son initiation aux enseignements de l’école Zhenyan. Basé au monastère du Jingo-ji, les enseignements du Shingon découle du Bouddha Mahavairocana ou le Grand Vairocana, considéré comme le bouddha suprême.

Surimono : Estampe japonaise luxueuse faisant office de carte de voeux. Réalisées pour la sphère privée, elles sont à la mode à partir de 1765 et pendant environ un siècle.

Sutra : recueil des préceptes du bouddhisme concernant le rituel et la vie quotidienne, le plus souvent sous forme d’aphorismes nécessitant un commentaire pour être compris.

Sutra du Lotus : C’est le sutra le plus important du courant Mahayana, très populaire au Tibet, en Chine et au Japon. Il est fréquemment mis en avant par la plupart des grandes écoles bouddhiques. Il révèle un nouvel enseignement du Bouddha destiné à des êtres plus avancés spirituellement, ainsi que trois voies permettant d’atteindre l’Eveil : la voie de l’auditeur (qui aime écouter le Bouddha), la voie du Bouddha solitaire (qui préfère la solitude et la méditation) et la voie du bodhisattva (qui désire éclairer et sauver les êtres).

Stupa : monument reliquaire bouddhique. Réalisé en Inde, le premier stupa aurait été édifié sur les restes du Buddha historique Shakyamuni, mais tous ces monuments ne renferment pas des « morceaux » de ce Buddha ! On peut aussi y placer des reliques plus symboliques, comme des textes et images sacrés. En Extrême-Orient, les stupa prennent la forme de pagodes.

T

Taotie : Masque zoomorphe constitué de deux yeux, un mufle, des cornes et des oreilles. Il apparaît de façon récurrente et presque systématique sur les vases rituels en bronze dès la fin de la dynastie Shang.

Tendai (école) : Ecole du bouddhisme japonais fondée en 805 par le moine Saicho (767-822) après un voyage en Chine. La doctrine de cette école se basent sur celle de l’école chinoise Tiantai fondée au VIe siècle. Elle met en avant la nature vide des phénomènes, l’enseignement du Sutra du Lotus, la pratique de la méditation.

Theravada : Forme la plus ancienne du bouddhisme, la plus répandue aujourd’hui en Asie du sud et du sud-est. Elle est souvent opposée au Mahayana et ainsi désigné sous le terme de Hinayana.

Notre article.

U

Ukiyo-e : Littéralement « image du monde flottant », c’est un genre japonais de peintures et estampes. Les sujets liés à ce genre sont les beautés féminines, les quartiers de plaisirs ou encore les acteurs de théâtre.

V

Vajrayana : « Véhicule de Diamant » ou « Véhicule de Foudre ». Troisième courant du bouddhisme où tous les enseignements sont secrets, accessibles grâce à des techniques spirituelles magiques et puissantes et où l’Eveil arrive aussi subitement que l’éclair !

W

X

Y

Yangban : Ce terme coréen désigne une classe aristocratique riche et privilégiée de hauts fonctionnaires, divisée en deux catégories : d’une part les civils, de l’autre les militaires, catégories renvoyant à leur réussite dans l’un ou l’autre des examens nationaux. Néanmoins tout le monde peut tenter de le devenir.

Yokai : Désigne esprits, fantômes, démons et autres créatures surnaturelles et bizarreries issues du folklore japonais.

Z

Zhenyan (école) : « Parole réelle ». Ecole du bouddhisme ésotérique Vajrayana née de la traduction en chinois de textes tantriques entre le VII et le VIIIe siècle, grâce au travail conjoint de maîtres indiens et de leurs disciples chinois. Balayée lors de la proscription du bouddhisme de 845, elle renaît sous les dynasties Yuan et Ming. Ses enseignements servent de base à la création de l’école Shingon au Japon.

 

Image : Fu Sheng transmettant les classiques, Wang Wei. VIIIe siècle, encre et couleurs sur soie, 25 x 44cm. Osaka, Musée municipal des Beaux-Arts

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